dimanche 15 février 2009
L'océan des corps.......
Tu serais là... sur notre lit, tu t'allongerais sur le ventre, bien à plat, la tête reposant sur les avant-bras pliés, bien sûr tu serais nue. Nue comme une aube. D'abord j'effleurerais ton corps, ma main se ferait légère comme une plume, du bout des doigts je le caresserais, tout ton corps, les épaules, le dos, les reins, les fesses, les cuisses, les jambes, jusqu’aux pieds. Je t'effleurerais jusqu'à agacer ta peau, jusqu'à ce qu'elle réclame un touché plus franc, plus net, plus fort. J'hérisserais ton duvet jusqu'à le faire dresser, jusqu'à ce qu'il s'électrise...jusqu’à ce que tu sentes de légers picotements de chaleur. Caresses pétales, caresses papillons, juste le contact, juste le murmure d’un contact, et la soie du touché dans les arabesques du geste. Frôlement des peaux… exaspération des étendues du désir, apprentissage des territoires de chair et de feu.
Et la caresse se ferait silence.
Effleurement du silence…
Brise légère qui redessinerait les contours des promesses….
Alors, je ferais couler un long filet d'huile parfumée sur ta peau de lumière. Je le laisserais couler le long de ta colonne vertébrale, jusqu'au début de tes fesses. Je me placerais à ta gauche, et doucement j'appliquerais mes mains bien à plat pour enduire tout ton corps de cette huile qui embaume. Les mains bien à plat, pour effacer les frôlements. Tous les frôlements. Les épaules, le dos, les reins, les fesses, les cuisses, les jambes, jusqu’aux pieds. Pour effacer chaque silence. Ajustements des peaux. Affirmation du geste. Synchronisation du désir. Des temps. Lentement.
Par de larges mouvements, j’étale l’onguent du plaisir. Lentement. Assez d’huile pour que ton dos devienne luisant, radieux, tes fesses lumineuses, onctueuses, jusqu’à saturation. Lentement. Doucement. J'appuie de plus en plus ma caresse, faisant rouler ta peau sous mes doigts. Lentement, toujours lentement.
Je commence par ton cou, malaxant tes épaules, appuyant mes doigts le long de tes cervicales... les épaules, le gras de l'épaule, le long des bras… Et ta peau, ta chair deviennent une pâte légère, souple, veloutée, tes muscle se relâchent un à un, comme si chaque fibre se séparait. D'une main appuyée et ferme je descends le long de ta colonne passant sur chaque vertèbre comme pour les décomposer, comme pour les épeler, et je laisse courir mon geste jusqu'à tes fesses, et je répète le mouvement longtemps, longtemps, toujours avec lenteur, en faisant rouler ta peau sous mes doigts. Tes omoplates, tes côtes, tes reins.... Litanie du désir. Ma caresse invente le temps de l’oubli… et à nouveau l'épaule, et le glissement vers tes fesses, et plus loin vers tes cuisses. C’est un mouvement sans fin, c’est des vagues de chair qui s'enroulent à la chair, c’est la marée qui vient, brassant ses galets, c’est lent, et lourd, ça décolle la chair de l'os, chaud et frais à la fois, c’est un délice qui s'étire dans la gravité et la répétition, et la lenteur et la répétition...
Mes mains glissent sur ton corps, les doigts bien écartés pour tenir plus de peau, plus de chair, plus de toi. C’est un lent roulis qui défait chaque attente, chaque impatience, chaque nœud de tristesse. Mes mains passent et repassent, lentes, appliquées, elles attendent l'abandon... ton dos, tes reins.
Tes fesses maintenant. Deux îles dans la marée des chairs, deux îles offertes aux mains qui les ravagent une à une, pétrissant leurs rondeurs, et mes pouces qui traquent la fatigue des siècles, mes pouces qui cherchent au plus profond, le dernier muscle, la dernière fibre, le dernier souvenir. Et tes fesses sont brassée une à une, ou les deux à la fois, et mes mains glissent le long de tes cuisses, jusqu'au mollet, jusqu'au pied, jusqu'au bout des orteils, chaque cuisse, chaque jambe, chaque pied, et remontent à l'envers des temps… tes jambes, tes cuisses.... tes fesses comme un port, un havre... qui épanouissent la caresse qui les brisent.... Et mes mains, inlassables pour débrider ta pudeur, qui remontent les temps perdus, les temps oubliés. Les jambes, les cuisses, les fesses, et mes doigts qui les desserrent, les séparent, pour dégager le sillon, pour découvrir ton sexe, ta petite rosette. Étirement des chairs pour apprivoiser l'intime, le secret, le caché. Et le glissement se fait plus intrépide, toujours lentement, et mes pouces qui cherchent le contact des lèvres de ton sexe, et mes doigts qui caressent la profondeur du sillon, et chaque doigt frôle ton anus, et les pouces qui lentement te pénètrent.... Et ma caresse huilée te fouille plus loin, lentement, durement… un lent va et vient.....
Tes fesses viennent désormais rechercher le mouvement et la profondeur du geste, elles commencent à rouler comme pour se mettre à l'unisson des caresses, et tes reins ondulent sous l'effet de la marée des chairs, comme un long désir qui se déploie, comme les pétales d'une fleur à la chaleur du printemps. Elles viennent bouleverser les rythmes, pour amplifier le temps et les gestes, et brusquement la lenteur se dénoue, se consume, là, dans l’instant, dans le renouvellement des sangs.
Et ta peau glisse, et mes doigts glissent cherchant à pénétrer plus loin ton sexe, à pénétrer plus loin ta rosette. Et tes cuisses s'écartent de plus en plus, pour offrir encore plus largement tes chairs les plus secrètes...Et tes fesses se soulèvent, se tendent, cherchant la rudesse de la pénétration... et la lenteur s’efface toujours plus, absorbée par la peau et le désir, et le feu des frottements. Le geste se métamorphose, et la chair s’enflamme, se traverse, et les mouvements s'exaspèrent, les vagues roulent de plus en plus vite, de plus en plus rapprochées, de plus en plus véhémentes et sauvages, comme une tempête longuement mûrit.
Et c’est une cascade sans fin qui va, qui vient, de plus en plus vite, de plus en plus loin, tes reins se tendent comme un appel, comme un cri, comme un râle.... Mes doigts te fouillent de plus en plus fort, brutalisant tes lèvres abandonnées au désir, tes chairs qui appellent mon sexe qui se dresse, là, vers ton sexe ouvert... Et les vagues de chair s’éclatent, s’élançant l’une vers l’autre pour des noces éclaboussantes et carnassières. Des gestes palpitants, tremblants, emportés, frénétiques. Puissance contre puissance. Désir contre désir. Sexe contre sexe. Extase contre extase. Et les souffles aux remous se mêlent, et les respirations s’essoufflent. Râle contre râle.
Te pénétrer, c’est répondre à l'appel des dieux, c’est le miel et le sucre, le vertige et la profondeur du délire, le feu qui irradie sans le mal des brûlures, c’est la lumière qui passe dans le sang... Et nos chairs se tendent, se durcissent, se frottent, et nos corps tremblent, et nos corps soufflent, suent, se cognent, et c’est les sangs qui se mêlent, et c’est les jus qui s'embrasent, et les sexes suintent, coulent, ruissellent, exhalent la jouissance qui monte comme un ciel, comme un firmament. La jouissance qui déborde comme une onction sacrée, dans les tremblements, et les tressaillements, et les serrements des corps…
Et jouir c’est avaler un soleil par le ventre....
Et nous serions épuisés, silencieux...Et nous nous serions endormis dans les bras l'un de l'autre, dans la chaleur d'un désir bienveillant, souriant, et gracieux...
Franck
Commentaires
Ecrire aimer créer
Superbe d'amour,
magnifique de sensualité,
simplicité de l'offrande,
sincérité de l'écriture.
beauté des gestes...
Merci Franck.
La sensualité telle qu'elle devrait toujours être, délicate, généreuse, sincère. Et l'écriture qui va avec.
CRI...
Quel cri, quel don, quel amour,...qui ne peuvent être offerts que si l'engagement est total, exclusif, ...unique !
très beau texte , qui fait sourire d'envie et de désirs. Oui c'est comme ça que ça devrait être (une question de rythme et de musique? )mais ça ne l'est pas toujours,le véritable échange et la lenteur de se connaître et de s'aimer. Apprendre avec l'autre.
Vous êtes la preuve qu'il y a quelque chose (quelqu'un ?) à sauver au milieu du caniveau des blogs. Vous respirez l'écriture, c'est beau ce que vous écrivez, c'est beau les histoires que vous déroulez. Vous êtes doux, infiniment doux, comme un nuage, une mer de nuages qui emplit le ciel d'encre...
Mais, ça n'a pas d'orage, ça n'est qu'un don, vous écrivez pour donner, vous avez la plume généreuse. Quand tu écris "je", tu dis "nous", tu n'oses pas. A croire. Comme si, tu retenais quelque chose de trop sensible, trop dense. Alors tu donnes, et la littérature ne sait faire que prendre, organiser l'immense racket chronophage. Et toi, tu donnes, tu es là, religieux entrant dans les ordres. Et tu m'énerves à être sans rage. Tu vois le monde baver, et tu lèches son écume.
C'est le moment qu'il choisira pour me flinguer. En douceur, avec des flèches sans poison et sans dard. Juste avec du coton.
douloureux
Ce texte est magnifique, de sensualité, de tendresse, de complicité.
TCependant te lire m'est presque douloureux car le geste est trop lointain, l'âge meurtri et le corps abondonné à son exil.
"...jouir c’est avaler un soleil par le ventre...".
Puis je te voler cette phrase pour mes brèves de fin de mois?
Avec un lien vers chez toi , bien sûr.
Merci pour cette vie à laquelle j'ai tant de mal à croire.
Arthémisia
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=39470&pid=12542148
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
