Puis ce fut le temps du reflux. Le monde des vivants vous quitte. Tout vous quitte. Cela ressemble à une hémorragie. Cela traverse tout le corps. Il n’y a plus de pensée. La moindre intention se heurte à une immensité opaque. Peu à peu, on est dépeuplé. Chaque viscère devient douloureux. Au départ, la solitude nous vient du corps, des muscles, du sang, avec cette impression d’immensité incompréhensible. Le temps n’est que du temps. On est vivant, mais plus rien ne bouge, les couleurs sont parties. C’est la nuit. On n’a pas encore peur, mais on sait que la peur va arriver.

Franck.