L’inachevable ne peut être dit. Il demeure imprononçable. Il n’a pas d’autre nom, puisqu’il les contient tous. Le désastre du désir. Alors, on erre dans ses propres ruines. De tout temps, on les connait ces ruines, on les a faites ainsi, maintenant elles sont là, comme la seule évidence, la seule preuve de la défaite. Même les mots n’ont plus de sens après l’avènement de l’inachevable. Ils ont perdu leur sang, leur substance. Ils nous traversent sans laisser de traces.
L’inachevé reste toujours éclairé par la lumière tremblante d’une flamme. Tout s’éteint dans l’inachevable. L’inachevable n’est pas lourd, il est écrasant, il n’est pas lent, il est immobile, il n’est pas profond, il est la dernière vacuité. Il n’y a plus de route à prendre, plus de croisée des chemins. Il n’y a même plus de rémission, puisqu’il n’y a plus de péchés.
Un néant inachevable. Une résistance.

Franck.