La silencieuse passe d’une attente à l’autre. Souveraine et déchue. Conquérante et
défaite. Sur sa bouche la marque d’un baiser toujours renouvelé, ineffaçable.
La silencieuse caresse le temps, glissant ses doigts dans la fourrure des
heures.
Le silence est une passion brûlante. Qui n’a pas d’autre nom que la trace de
cendre qu’il laisse dans le regard. La silencieuse écoute l’horizon, le chant
monocorde et lancinant de l’horizon, l’écho dans ses chairs des distances
infinies.
La silencieuse est une amoureuse blanchie de souvenirs et de vouloirs
inconnaissables, toujours en avance d’un désir, en avance d’une saison. Comme
les terres perdues de l’océan, ces îles singulières, sans paroles, vouées aux
chants des marins, des houles, des vents, inconsolables des temps à venir.

Franck.