Je te nomme toujours. Pour baptiser l’aube. Conjurer le bannissement. Est-ce que cela a un sens ? Pourquoi ce sombre vouloir qui bouscule la raison ? L’évidence ?
Traduire de l’absence un silence amputé de ta présence.
L’horloge salue ma défaite avec opiniâtreté, constance, jubilation.
L’aigle passe, songeur, dans un ciel qui s’ennuie.

Je ferai un tour de la terre, pour venir poser ma tête sur ton ventre
Et je serai le pèlerin épuisé par sa foi, écrasé pas sa route. Tellement tremblant.
Devant toi.
Je traverserai cet océan dévoré par l’azur, crucifié d’insistance, d’inquiétude
Je chuchoterai jusqu’à l’étouffement. Immobile.
Devant toi.
Je serai apôtre foudroyé par l’évangile de tes yeux.
Devant toi.
Je serai cavalier, je franchirai ces grands champs de neige pour poser à tes pieds l’ombre oubliée des pôles.
Devant toi.

Je me ferai pauvre pour n’avoir que toi comme richesse
Je serai poète pour n’avoir que tes jours à dire….

Je te nomme toujours. Pour purifier le soir. Accompagner le deuil.
Alors je guette l’étincelle. Assidu. Ardent.

Je te nomme toujours.
Pour ne pas être muet
Pour rester vivant.

Franck.